Histoire du kathak
Le Kathak est la forme de danse principale du Nord de l'Inde. Le mot Kathak vient du sanskrit et signifie « raconter une histoire ». Cette danse est dérivée des danses dramas de l'Inde Ancienne.
Le kathak était avant tout associé à l'institution connu sous le nom de Tawaif(traduire par "coutisane") . C'est surtout une institution de femmes destinée à divertir et qui est incomprise tout comme la tradition des geishas au Japon. C'était une profession qui demandait les plus hauts standards d'entrainement, d'intelligence et surtout de civilité. On dit qu'il était courant que les familles royales envoyaient leurs enfants avec les tawaifs pour s'instruire en convenance. Malheureusement, losque l'Empire Britannique étendit sa domination sur tout le continent indien pendant la période victorienne, l'institution a été cataloguée en tant que simple prostitution et a été déclarée comme étant contre la loi.
D'origine religieuse, le kathak évolua durant la période islamique vers une forme plus divertissante; le kathak actuel est ainsi une synthèse de deux sources: sacrée et séculière. Son origine se situe dans les âges Védiques. A la base théâtre dansé mimant les récits épiques et sacrés, c'était alors un art purement religieux, comme la plupart des danses hindoues. C'est l'arrivée des Moghols avce la dynastie des Khans en Inde au 16e siècle qui marqua l'évolution de la danse sacrée vers une danse de Cour. En effet, fort appréciée des nouveaux conquérants, le Kathak connu un essor prodigieux et devint un art classique à part entière. Cette danse devint alors un mélange des idéaux esthétiques hindous et musulmans. Le kathak prend alors une pente descendante qui n'a été renversée qu'à l'indépendance lorsqu'il y eut un regain d'intérêt pour les danses traditionnelles indiennes.
Il existe 3 écoles, ou gharana, de Kathak de styles différents, qui s'influencent néanmoins beaucoup et se respectent énormèment.
1_La Jaipur gharana, où l'accent est mis sur les tours et les rythmes des pieds,
2-la Lucknow gharana, où ce sont les expressions des émotions, la finesse des gestes et du mime qui sont mis en évidence,
3-et la Banaras gharana. Dans cette dernière prédominent les vigoureux martellements de pieds, les improvisations de virtuosité rythmiques dans les dialogues avec les percussions ainsi que les paran dansés de manière puissante. C'est le style de cette dernière école que danse Ravi Shankar Mishra.
Le contenu du kathak
Dans le nord de l'Inde, le kathak (danse pure et narrative) a d'abord été interprété par les hommes, qui tiennent encore parfois des rôles féminins.Les conteurs (kathakara) étaient attachés aux temples dans l'Uttar Pradesh, où naquit Krishna. Les textes sacrés, le Ramayana ou la Bhagavad-Gita, étaient chantés et mimés pour être transmis à un public illettré. Après l'introduction, les passages de danse pure et narrative alternent, et les mouvements circulaires des mains et des poignets confèrent à cet art un style caractéristique. La danse commence progressivement et le rythme s'accélère. Moins rigide que le Bharata natyam, le kathak ne laisse peu de place à l'improvisation. Le danseur doit posséder des qualités physiques et doit garder une grâce malgré la vitesse de sa danse. De plus le kathak s'appuie avant tout sur les mouvements des pieds que celle des mains. La kathak est caractérisé par ces mouvements de pirouettes et ces différentes postures dite statuesques! Les techniques du Kathak font appel à un langage chorégraphique extrêmement développé s'exprimant par les mudra (gestes codés des mains), les mouvements des pieds, les expressions faciales et les positions du corps. La grâce, l'émotion et la sophistication des gestes ainsi que la rapidité et la précision des rythmes en sont les qualités primordiales.
Les danses dramas et les présentations de groupes ont toujours existés en Inde, mais l'accent du kathak a été ensuite mis sur l'interprétation artistique individuelle.
Quand le danseur exécute ses thoras ou quand il fait une pirouette, le spectateur doute d'avoir un être humain devant lui : il pourrait croire à la vision d'un météore fugitif, à celle d'un éclair apparaissant un instant pour disparaître ensuite."
L'accompagnement musical comprend les percussions, avec le tabla et parfois le pakhavaj, le chant ainsi qu' un ou plusieurs instruments mélodiques tels que le sarangi , le sitar, le santur et l'harmonium. Il se structure autour du dialogue entre les percussions et les danseurs. En effet les pieds des danseurs aux chevilles enlacées de ghunghuru (grelots au nombre d'environ 250 par pied) sont des instruments à part entière.
Les chorégraphies sont souvent récitées sous la forme de syllabes mnémotechniques, les bol. décrivant la danse et la vitesse rythmique avec laquelle elle sera interprétée.
Dans un spectacle, le danseur exécute une séquence précise de figures qui commencent sur un rythme lent ( vilambit laya) et se doublent pour atteindre une vitesse finale paroxystique (drut laya). A des parties de danse pure et de compositions rythmiques très élaborées succèdent des moments d'improvisation. Puis viennent des extraits du Krisnalîla, du Râmâyana ou du Mahâbhârata, grands poèmes épiques de la littérature sacrée de l'Inde, où le mime et l'expression priment. Le spectacle se termine en général par les
paran, évocations de divinités de la mythologie hindoue.
Instruments d'accompagements :
• Bansuri ,Dilruba , Esraj , Ghungharu , Harmonium , Pakhawaj , Santur , Sarangi , Sarod , Sitar , Surmandal , Tabla , Tanpura
Les costumes de kathak encore en vigueur de nos jours semblent assez directement inspirés de l'époque moghole et sont comparables à ce que l'on peut voir sur les fameuses miniatures de cette période : pour les femmes, ample et longue jupe très colorée et bustier serré appelé kanchuli ; pour les hommes, pantalon étroit et une sorte de longue redingote.
La danse kathak est la danse la plus importante de l'Inde du Nord et remonte à l'époque des troubadours nomades justement appelés kathaks, c'est-à-dire conteurs d'histoires. Dans les régions de Bénarès, d'Ayodhya... sur les places des villages ou dans les cours de temples où ils se produisaient pour gagner leur vie, leur habitude était d'agrémenter leurs récits mythologiques - la geste de Râma, les épisodes du Mahâbhârata, etc. - de toute une gestuelle et une mimique expressives qui se codifièrent peu à peu. La musique, vocale et instrumentale, accompagnait le tout. Le kathak s'est si bien perpétué qu'à l'époque moghole on l'a pratiqué dans les milieux les plus élevés de la société et jusque dans les cours royales. Les influences musulmanes, persanes, se sont mêlées aux origines hindoues pour aboutir à un style raffiné et très rythmé dans lequel la dimension narrative et théâtrale a quelque peu perdu de son importance.
C'est le travail des pieds qui frappe le plus dans le spectacle de kathak, ainsi que les pirouettes impressionnantes de rapidité s'achevant sur des poses momentanément figées et dignes de la statuaire indienne.
Le Kathak est la forme de danse principale du Nord de l'Inde. Le mot Kathak vient du sanskrit et signifie « raconter une histoire ». Cette danse est dérivée des danses dramas de l'Inde Ancienne.
Le kathak était avant tout associé à l'institution connu sous le nom de Tawaif(traduire par "coutisane") . C'est surtout une institution de femmes destinée à divertir et qui est incomprise tout comme la tradition des geishas au Japon. C'était une profession qui demandait les plus hauts standards d'entrainement, d'intelligence et surtout de civilité. On dit qu'il était courant que les familles royales envoyaient leurs enfants avec les tawaifs pour s'instruire en convenance. Malheureusement, losque l'Empire Britannique étendit sa domination sur tout le continent indien pendant la période victorienne, l'institution a été cataloguée en tant que simple prostitution et a été déclarée comme étant contre la loi.
D'origine religieuse, le kathak évolua durant la période islamique vers une forme plus divertissante; le kathak actuel est ainsi une synthèse de deux sources: sacrée et séculière. Son origine se situe dans les âges Védiques. A la base théâtre dansé mimant les récits épiques et sacrés, c'était alors un art purement religieux, comme la plupart des danses hindoues. C'est l'arrivée des Moghols avce la dynastie des Khans en Inde au 16e siècle qui marqua l'évolution de la danse sacrée vers une danse de Cour. En effet, fort appréciée des nouveaux conquérants, le Kathak connu un essor prodigieux et devint un art classique à part entière. Cette danse devint alors un mélange des idéaux esthétiques hindous et musulmans. Le kathak prend alors une pente descendante qui n'a été renversée qu'à l'indépendance lorsqu'il y eut un regain d'intérêt pour les danses traditionnelles indiennes.
Il existe 3 écoles, ou gharana, de Kathak de styles différents, qui s'influencent néanmoins beaucoup et se respectent énormèment.
1_La Jaipur gharana, où l'accent est mis sur les tours et les rythmes des pieds,
2-la Lucknow gharana, où ce sont les expressions des émotions, la finesse des gestes et du mime qui sont mis en évidence,
3-et la Banaras gharana. Dans cette dernière prédominent les vigoureux martellements de pieds, les improvisations de virtuosité rythmiques dans les dialogues avec les percussions ainsi que les paran dansés de manière puissante. C'est le style de cette dernière école que danse Ravi Shankar Mishra.
Le contenu du kathak
Dans le nord de l'Inde, le kathak (danse pure et narrative) a d'abord été interprété par les hommes, qui tiennent encore parfois des rôles féminins.Les conteurs (kathakara) étaient attachés aux temples dans l'Uttar Pradesh, où naquit Krishna. Les textes sacrés, le Ramayana ou la Bhagavad-Gita, étaient chantés et mimés pour être transmis à un public illettré. Après l'introduction, les passages de danse pure et narrative alternent, et les mouvements circulaires des mains et des poignets confèrent à cet art un style caractéristique. La danse commence progressivement et le rythme s'accélère. Moins rigide que le Bharata natyam, le kathak ne laisse peu de place à l'improvisation. Le danseur doit posséder des qualités physiques et doit garder une grâce malgré la vitesse de sa danse. De plus le kathak s'appuie avant tout sur les mouvements des pieds que celle des mains. La kathak est caractérisé par ces mouvements de pirouettes et ces différentes postures dite statuesques! Les techniques du Kathak font appel à un langage chorégraphique extrêmement développé s'exprimant par les mudra (gestes codés des mains), les mouvements des pieds, les expressions faciales et les positions du corps. La grâce, l'émotion et la sophistication des gestes ainsi que la rapidité et la précision des rythmes en sont les qualités primordiales.
Les danses dramas et les présentations de groupes ont toujours existés en Inde, mais l'accent du kathak a été ensuite mis sur l'interprétation artistique individuelle.
Quand le danseur exécute ses thoras ou quand il fait une pirouette, le spectateur doute d'avoir un être humain devant lui : il pourrait croire à la vision d'un météore fugitif, à celle d'un éclair apparaissant un instant pour disparaître ensuite."
L'accompagnement musical comprend les percussions, avec le tabla et parfois le pakhavaj, le chant ainsi qu' un ou plusieurs instruments mélodiques tels que le sarangi , le sitar, le santur et l'harmonium. Il se structure autour du dialogue entre les percussions et les danseurs. En effet les pieds des danseurs aux chevilles enlacées de ghunghuru (grelots au nombre d'environ 250 par pied) sont des instruments à part entière.
Les chorégraphies sont souvent récitées sous la forme de syllabes mnémotechniques, les bol. décrivant la danse et la vitesse rythmique avec laquelle elle sera interprétée.
Dans un spectacle, le danseur exécute une séquence précise de figures qui commencent sur un rythme lent ( vilambit laya) et se doublent pour atteindre une vitesse finale paroxystique (drut laya). A des parties de danse pure et de compositions rythmiques très élaborées succèdent des moments d'improvisation. Puis viennent des extraits du Krisnalîla, du Râmâyana ou du Mahâbhârata, grands poèmes épiques de la littérature sacrée de l'Inde, où le mime et l'expression priment. Le spectacle se termine en général par les
paran, évocations de divinités de la mythologie hindoue.
Instruments d'accompagements :
• Bansuri ,Dilruba , Esraj , Ghungharu , Harmonium , Pakhawaj , Santur , Sarangi , Sarod , Sitar , Surmandal , Tabla , Tanpura
Les costumes de kathak encore en vigueur de nos jours semblent assez directement inspirés de l'époque moghole et sont comparables à ce que l'on peut voir sur les fameuses miniatures de cette période : pour les femmes, ample et longue jupe très colorée et bustier serré appelé kanchuli ; pour les hommes, pantalon étroit et une sorte de longue redingote.
La danse kathak est la danse la plus importante de l'Inde du Nord et remonte à l'époque des troubadours nomades justement appelés kathaks, c'est-à-dire conteurs d'histoires. Dans les régions de Bénarès, d'Ayodhya... sur les places des villages ou dans les cours de temples où ils se produisaient pour gagner leur vie, leur habitude était d'agrémenter leurs récits mythologiques - la geste de Râma, les épisodes du Mahâbhârata, etc. - de toute une gestuelle et une mimique expressives qui se codifièrent peu à peu. La musique, vocale et instrumentale, accompagnait le tout. Le kathak s'est si bien perpétué qu'à l'époque moghole on l'a pratiqué dans les milieux les plus élevés de la société et jusque dans les cours royales. Les influences musulmanes, persanes, se sont mêlées aux origines hindoues pour aboutir à un style raffiné et très rythmé dans lequel la dimension narrative et théâtrale a quelque peu perdu de son importance.
C'est le travail des pieds qui frappe le plus dans le spectacle de kathak, ainsi que les pirouettes impressionnantes de rapidité s'achevant sur des poses momentanément figées et dignes de la statuaire indienne.
On dit qu'une danseuse doit pouvoir faire tinter s'il le faut un seul des trois cents grelots qu'elle porte aux chevilles !
Il faut donc que l'interprète fasse montre d'une maîtrise parfaite de ses vifs mouvements de jambes et de pieds : les grelots ainsi agités doivent en effet suivre strictement le rythme de la musique.
Musiciens et danseuse rivalisent de rapidité et de virtuosité jusqu'à atteindre des sommets vertigineux où peuvent se côtoyer technicité, spiritualité et érotisme voilé. Mais, comme dans la plupart des autres formes de danse classique indienne, le jeu des expressions du visage ou les gestes symboliques ou mûdras sont présents.
Pour avoir un petit aperçu de ce qu'est le kathak,la vidéo ci-dessus est un extrait du film Devdas.Madhuri Dixit y interprète une chorégraphie dirgée par un maître du kathak:Pandit Birju Maharaj.Appréciez!
Musiciens et danseuse rivalisent de rapidité et de virtuosité jusqu'à atteindre des sommets vertigineux où peuvent se côtoyer technicité, spiritualité et érotisme voilé. Mais, comme dans la plupart des autres formes de danse classique indienne, le jeu des expressions du visage ou les gestes symboliques ou mûdras sont présents.
Pour avoir un petit aperçu de ce qu'est le kathak,la vidéo ci-dessus est un extrait du film Devdas.Madhuri Dixit y interprète une chorégraphie dirgée par un maître du kathak:Pandit Birju Maharaj.Appréciez!